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    L’interview des 20 ans

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    Raymond BARRIERE
    20 ans...non ce n’est pas le temps qu’il a fallu pour que Raymond Barriere nous accorde cette interview !

    C’est simplement le temps depuis lequel il a vu débarquer une bande de jeunes pas encore constituée en association !


    Ultras Sapiac : Tu as été Président de l’Usm de quand à quand ?
    Raymond Barriere : De 1992, j’ai remplacé Francis Bourgade, jusqu’au 30 juin 2001 jour où l’on gagne contre Toulon.

    Tu y es revenu en 2009 non ?
    Oula, là il ne fallait pas y aller, j’ai fait une co….. Je ne savais pas ce qu’il se passait, c’était une catastrophe mais pour le club j’y ai été. C’était l’époque noire de l’Usm, il manquait beaucoup d’argent.

    Et là, maintenant que fais-tu à l’USM ?
    Rien, rien du tout. Simple partenaire. Je regarde les matchs parce que c’est mon club. J’y ai passé toute ma vie. A un moment, il faut savoir s’arrêter.

    Te rappelles-tu quand les tous premiers Ultras sont venus te voir ?
    Oh oui, je me rappelle. Je me rappelle de Leygue qui était le président à l’époque. On avait dit qu’il fallait les aider et on avait fait l’achat d’un tambour.

    Tu sentais un truc qui naissait ou … (il coupe)
    C’était des jeunes qui arrivait, on était content qu’ils viennent parce que les supporters étaient un peu vieillissants. Oui, on était content qu’ils viennent ! Je pense que c’est le match à Nîmes en 99 où les Ultras sont venus nombreux qui a été déclencheur. Après le phénomène s’est amplifié et ça a été très bien !

    L’accueil des joueurs de l’époque, c’était un intérêt poli ou (il coupe)
    Oh non, les joueurs étaient très content. A l’époque, il y avait un très bon groupe, je ne dis pas que maintenant ils sont mauvais. Sur vingt joueurs, tu avais deux étrangers : Tato et Illai. Après, ils étaient d’ici ou Toulouse. Sergueev n’en parlons pas il était français ! Depuis le temps qu’il était là !
    Les joueurs ont énormément appréciés l’arrivée des Ultras.
    C’est vraiment cette demi-finale contre Rumilly à Nîmes qui a enclenché le mouvement.
    Après, il y a eu une époque faste, qui maintenant se tasse un peu, mais il y a eu une époque faste. Les Ultras ont apportés de la fraicheur au club.

    Avec les autocars Barriere comme transporteur officiel ! Une idée du nombre de kilomètres parcourus ensemble ?
    Dans les 20 00 à peu près.

    Des matchs particuliers à domicile ou l’extérieur qui t’ont marqué par l’engagement des Ultras ?
    Le match qui m’a le plus marqué, il n’y avait pas que les Ultras mais ils ont énormément participé, c’est le match de la montée contre Lille à Sapiac. Ce jour-là, ça été le summum !
    Egalement, la finale gagnée à Nîmes contre Toulon en 2001. 4 000 montalbanais ont tenus tête à 15 000 toulonnais.

    Des actions, tifos, banderoles, chants qui t’ont particulièrement plus ?
    Je trouve que l’animation qui est faite est très bien. Rien de particulier, je trouve que l’animation est bonne.

    Des actions, tifos, banderoles, chants qui t’ont particulièrement déplus ?
    Il ne faut pas tomber dans les travers du football, même si on n’est pas d’accord avec le club, il ne faut pas mettre certaines banderoles.

    Comme… ?
    Quand ils vous ont supprimé le logo des Ultras, vous aviez raison de gueuler mais vous auriez pu résoudre le problème en privé. Dialoguer… c’est l’époque.

    Les Ultras ont toujours voulu et revendiqué une indépendance totale vis-à-vis du club. Est-ce un bien ou un mal selon toi ?
    C’est un bien si vous savez rester à votre place. Les présidents président, les joueurs jouent, les supporters sont là. Il ne faut pas tomber dans les travers du foot où se sont les supporters qui choisissent l’entraineur. Je n’aime pas trop le foot mais je regarde un peu et dés fois, je vois des banderoles qui ne devraient pas exister.

    L’ambiance se tasse. Les matchs en semaine, cela y fait non ?
    Eh oui …eh oui, eh oui. Le vendredi soir est un très mauvais horaire. Un jour, quand j’étais président, Bouscatel, président du Stade Toulousain avec qui j’étais en fac à Toulouse, m’avait dit : « tu verras qu’on jouera le vendredi bientôt ! ». On jouait le dimanche à l’époque. Il ne s’était pas trompé, tu ne peux rien faire. La télévision commande. Les horaires, les dates et tu te fixes à ça.
    Le vendredi, il y a des gens qui ne sont pas sortis du travail, qui ont bataillé toute la semaine, qui n’ont pas récupéré. Le samedi est une bonne date. C’est le Top 14, un autre niveau, mais les stades sont pleins.
    Quand tu regardes un match de ProD2 à la télé, c’est catastrophique ! Les stades sont vides. A part à Nevers où c’est presque plein. Même Perpignan a du mal.

    Tu préférais l’époque rugby amateur ou maintenant rugby pro ?
    Dans la vie, on ne peut pas faire marche arrière. Ce qui est enclenché est enclenché. C’est un autre monde où l’argent est roi. Les agents sont rois, c’est eux qui décident où vont les joueurs. Il n’y a rien à faire.
    Le drame pour moi qui aime le rugby de clocher est le nombre d’étrangers. Même en ProD2 et en fédérale, tu ne vois que ça. A mon époque, quand t’étais junior, tu jouais en reichel ou en crabos à Montauban, ton espoir était de jouer en Une. Aujourd’hui, le bon espoir à Montauban sait qu’il n’y jouera jamais ou très peu. Le problème il est là. On a un centre de formation mais sans aucun montalbanais. Ils viennent de partout. C’est la loi du sport, c’est un métier joueur de rugby, il y a un salaire à toucher et voilà. Revenir en amateur, c’est trop tard, il n’y a plus de retour à faire. C’est comme ça.
    Le problème c’est avoir un budget assez solide, être raisonnable.

    Une idée d’anim, tifos chants que l’on n’aurait pas eus ?
    Je ne suis pas en admiration, ce n’est pas le mot mais ce qu’il se passe à Bayonne à la peña baionna, à Pau aussi où ils ont un chant magnifique. Le cri des toulonnais, c’est …passons.
    Si un jour à Montauban, on pouvait trouver quelque chose.. Même pour celui qui n’aime pas le rugby c’est super. Pendant 3 minutes, c’est splendide. L’hymne actuel de Sapiac, même s’il est bien, est dépassé, tu n’accroches plus. Le rugby c’est aussi un spectacle, un environnement.

    Les pots de fumée, ton avis ?
    (Eclat de rire) Je me rappelle celui d’Agen ! J’étais à côté !
    Les fumigènes…., c’est interdit ! Même à petite dose parce qu’après tu passes à autre chose, comme au foot… Les fumigènes, c’est pas utile.

    La question que t’aurait aimé que je te pose, quelques choses à rajouter ?
    Ah….
    Le rugby, c’est la convivialité. Des dirigeants, aux joueurs en passant par les supporters, que tout le monde tire ensemble, tu peux faire de grandes choses. Bien sûr, il y a des divergences. Divergences qui se règlent à l’amiable. Le jour où tout le monde est sur la même longueur d’ondes, on peut faire des choses magnifiques.
    Et là, je bade un club : c’est La Rochelle. J’ai bien connu le Président Merlin. Quand j’y étais, il y était, il y était encore avant. Ça doit faire 30 qu’il y est ce type ! Quand je vois le stade qu’ils avaient, qui était un peu merdique , pas beau et quand je vois ce stade couvert, 19 000 personnes tous les dimanches.., samedi… Si un jour, je peux le voir, j’aimerais voir Montauban au niveau de La Rochelle. Je le dis franchement, ça me fait rêver !

    Penses-tu que ce soit possible à Montauban ?
    Oui ! Il ne faut pas occulter le passé mais il faut améliorer le stade. D’après moi, la piste cyclable, c’est fini ça. Il y a un moment que ça aurait dû dégager. Il faut rapprocher le stade au plus près de la pelouse, à l’anglaise.
    Je n’ai jamais été pour mais aujourd’hui, il faut reconnaitre qu’il faut des loges. Pas mal d’entreprises se moquent pas mal du résultat mais veulent faire passer un bon après-midi à leurs clients. C’est ce qui permet au club de vivre. Quand t’aimes le rugby, t’aimes pas être dans la loge mais malheureusement…
    J’ai l’exemple de Jean-Pierre Romeu à Montferrand avec qui j’ai joué, qui me disait qu’ils gagnaient beaucoup d’argent aux entrainements avec des photos de joueurs entre autres. Bon , il y a des stars à Montferrand, c’est pas pareil à Montauban mais c’est vers ces choses-là qu’il faut tendre.

    Ce n’est pas pour faire plaisir que je dis ça mais je peux te dire une chose : les Ultras ont apportés de la jeunesse, de l’élan, un vent nouveau au club et il faut qu’ils continuent ! Il ne faut surtout pas qu’ils se démoralisent avec à leur tête des gens qui continuent à pousser parce que ce n’est pas facile au quotidien !
    C’est bien qu’il y est de la jeunesse dans les tribunes. Les vieux ont aussi leur place, j’en suis un, mais les jeunes amènent les copines, les femmes, les enfants. C’est important.


    Un grand merci d’être sorti de ta retraite !
    Interview réalisée par Franck le 30/01/2020