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    Interview Pierre-Philippe Lafond (29/06/2017)

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    Pierre-Philippe Lafond, qui es-tu ?
    Je suis né le 19 décembre 1984 à Angoulême. Marié, père de trois enfants de 11, 6 et 3 ans. J’ai commencé le rugby à 9 ans à l’USAL (Limoges). J’ai joué ensuite à lsle sur Vienne à côté de Limoges, au SNUC, le club de Nantes, à l’US Berry, le club de Bourges. Je suis arrivé au centre de formation de l’USM à 17 ans. J’ai pas mal bougé dans l’optique d’intégrer un centre de formation pour devenir joueur de rugby professionnel.
    À Montauban, je suis en équipe Crabos, Reichel puis pro. Je pars à Brive en 2006. Puis à l’Aviron Bayonnais de 2007 à 2014. Je reviens à Montauban à l’intersaison 2014/2015.
    À Bayonne j’ai entrainé les cadets Gaudermen et Alamercery (génération 97) lors de mes deux dernières saisons de joueur à l’Aviron Bayonnais.
    Puis Xavier(Péméja) m’a appelé pour revenir à Montauban.

    Pourquoi es-tu devenu entraineur ? Par force un peu ?
    Oui, j’ai été opéré trois fois des cervicales. La dernière 2 jours après la finale.
    Entraineur par force et par conviction. À l’Aviron, j’avais déjà en tête de basculer sur l’entrainement. J’ai passé mon DE JEPS (diplôme d’état) à Bayonne. En 2014/2015, mon DES JEPS(diplôme d’état supérieur). Le DE te permet d’entrainer jusqu’à la Fédérale, le DES en ProD2 et Top14.
    Depuis 2016 je me suis inscrit à la fac de Limoges au CDES, Centre de Droit et d’Économie du Sport pour passer mon diplôme de manager général sur 2 ans. Le 13 septembre 2017, j’ai ma dernière épreuve. La soutenance de mon mémoire pour valider ce DU de manager général.

    Tout ça en entrainant une équipe 1 de ProD2. Les journées sont bien remplies !
    C’est ça. Plus trois enfants. Je suis content d’arriver à la fin de mon cursus "scolaire" !

    Pour être porteur d’eau, il faut une formation particulière ?
    (Sourire) Non. Non, c’est une volonté d’être au plus près des joueurs, pouvoir communiquer avec et faire passer des infos. On peut le faire, on le fait. Sur la feuille de matchs, j’étais le second soigneur. Cela se fait également en coupe d’Europe où on voit des joueurs hors groupe ou des entraineurs occuper ce rôle.

    Tu es un tout jeune entraineur de 32 ans, ce n’est pas compliqué, des fois, de coacher "des vieux de 35 ou 36 ans " ?
    Non. Non, ça ne m’a jamais posé de problèmes et je ne pense pas que ça leur en ais posé.
    L’âge n’est pas un problème : tu peux être aussi bien un bon entraineur jeune que un mauvais entraineur vieux.
    L’année où j’arrive, il avait déjà des joueurs plus vieux que moi, ca n’a posé aucuns problèmes.
    Nos relations sont basées sur le respect, c’est une des valeurs fortes de ce groupe, le respect n’est pas une question d’âge. En tant qu’entraineur, j’essaye de leur donner des clés, des solutions pour être le plus efficace possible tant individuellement que collectivement.

    Quel a été ton sentiment quand tu as su que tu ferais la saison sans Xavier Péméja ?
    C’est plus compliqué que ça. On ne peut pas résumer ça comme ça.
    Au départ c’était pas prévu comme ça. Je ne vais pas revenir sur les choses en détails, mais d’un coup, il n’y avait plus Xavier (Pemeja), plus Phillipe (Mothe) donc voilà…
    Il y a eu une phase de réflexion et aussi par rapport à Xavier, je me sentais redevable.
    Je voulais être clair avec lui, parce c’était lui qui m’avait fait revenir. Je lui ai demandé son aval et c’est lui qui a validé et qui m’a dit vas y fonce, ca c’est fait en toute transparence

    Je faisais partie de ceux qui pensaient que ça allait être compliqué pour toi, sans ton mentor. Je me suis trompé. As-tu hésité, douté ?
    Non je n’ai pas douté. Dès que j’ai eu l’aval de Xavier j’ai complètement basculer dans le chalenge, et comme je suis un compétiteur, je me suis donné à fond dans l’aventure.
    Je savais et je sais que pour être un entraineur performant il faut travailler dur.
    Je n’ai pas douté mais je savais et je sais que le challenge serait et sera relevé !

    Tu es devenu un top entraineur en peu de temps (il coupe)
    Non. Je ne me considère pas comme un top entraineur. C’est très aléatoire. J’essaie de donner le meilleur de moi-même, comme Chris. On travaille dur, on essaie de donner le plus d’armes aux joueurs, pour être le plus performant possible. On veut gagner, on déteste perdre ! Ça c’est un des points communs que l’on a. Se classer comme top entraineur, ça ne veut pas dire grand-chose ! Ce n’est pas nous qui avons joué : c’est les joueurs. Un entraineur ça entraine. Ce n’est pas Chris qui tape les pénalités ou moi qui pousse les mêlées. Il faut savoir relativiser. 

    Le Stade Français t’a quand même contacté ! Ça fait plaisir !
    Oui, oui. C’était une belle opportunité, un beau projet. Mais c’était pas le timing. Je venais de me réengager avec l’USM, il y a une belle aventure qui vient de naitre avec Chris, avec les joueurs. Niveau timing, j’aurais planté le club un mois avant la reprise. Je parle de respect et moi j’aurais planté les mecs ? J’aurais pas pu me regarder dans la glace !
    C’est vrai que c’était un beau projet mais comme je dis : c’était pas le bon timing.

    Tu parles beaucoup de Chris. Ta rencontre avec lui a été un moment magique de ta vie ?
    Quand les présidents ont décidé de changer l’organisation et m’ont demandé avec qui je voulais travailler, je leur ai dit que je voulais travailler avec Chris que j’ai ensuite contacté. On se connaissait parce que nous avions passé le DES ensemble. Les présidents ont rencontrés Chris, ça a accroché et ils ont validé.
    Je savais qu’avec Chris, ça allait marcher. On s’était côtoyé pendant un an aussi bien à Marcoussis qu’à Toulouse quand il y avait des rassemblements en région. Je n’avais aucuns doutes sur le fait que notre association aller bien fonctionner. Nous avons les mêmes idées au niveau du rugby et les mêmes valeurs humaines : des valeurs de respect, d’engagement d’humilité, de travail. Ce que l’on a, on le mérite, ça ne tombe pas du ciel. On est sur la même longueur d’ondes !
    Il est australien, je suis français mais on a le même état d’esprit, on travaille en complète harmonie et c’est un truc qui fait que c’est plaisant d’être à Montauban et de travailler avec lui et le reste du staff, parce que ces valeurs, cette vision sont communes à tout le Staff.

    Si demain, il arrive en te disant qu’il reste jusqu’en 2002, tu es le plus heureux des hommes ?
    Oui, oui. On en parle, il n’y a aucun tabou entre nous, pas de choses cachées. Ma volonté de rester, c’est que je ne voulais pas travailler avec quelqu’un d’autre que Chris. Pour l’instant, on est en complète harmonie et j’espère que ça durera le plus longtemps possible.

    Donc au moins 2022 …
    Il faudra lui poser la question.

    Tu parlais des présidents. Donc Thierry Echeynne et Daniel Bory. Daniel est parti. Ça t’a fait quoi ?
    J’étais surpris quand il me l’a annoncé. Je l’ai su un peu avant qu’il ne l’annonce au groupe. Je ne m’attendais pas du tout à cette annonce. Il m’a expliqué ses raisons, ses choix, que j’ai tout à fait compris. Je respecte sa décision mais c’est vrai que je ne m’y attendais pas du tout. Il a bien expliqué les raisons de son départ, il l’a bien expliqué au groupe et au staff. Les choses sont claires.

    Son remplaçant, Jean-François Reygasse, aura le même rôle ?
    Oui, tout à fait. D’abord, Jeff n’est pas un inconnu pour le groupe. Il était déjà proche de la direction, proche du groupe, Il connait le staff, les joueurs, les résultats de l’équipe. C’est quelqu’un qui était dans le sérail donc en termes d’efficacité et de perte de temps, il n’y en aura pas parce qu’il connaissait déjà les hommes. Daniel et Jeff ont deux personnalités différentes, Jeff aura une autre manière de présider, mais il l’a déjà montré, il a complètement endossé le costume, Il a déjà pris les choses en mains, c est lui qui fixera le cap à tenir.

    Daniel participait au recrutement ou c’était uniquement toi le recrutement ?
    C’est pas que moi, c’est pas que Chris, c’est pas que Daniel. Le recrutement a été fait ensemble, en collaboration. Le recrutement de l’intersaison dernière et celui de cette intersaison ont été fait ensemble. C’est pas un qui décide mais plusieurs. Par rapport à une enveloppe budgétaire, par rapport à nos attentes sportives et aussi par rapport au feeling que l’on a avec eux quand on rencontre les joueurs.
    Une des réussites de la saison dernière a été le recrutement de Chris et des Joueurs qui nous ont rejoins.
    Notre première volonté, cette intersaison, était de conserver nos meilleurs joueurs, et ensuite cibler des profils susceptibles de renforcer l’équipe.
    Il s’est fait en totale collaboration entre entraîneurs et président.

    Pour l’entraineur que tu es, la première chose à faire au niveau des infrastructures à Sapiac ?
    Déjà il y a des travaux d’aménagement de la pelouse. C’est une très bonne chose. Après, il y a des projets. Il faut faire évoluer Sapiac, c’est dans les cartons. Avec le staff, les présidents, on a des idées, les choses vont bouger, ça va évoluer.
    Si on nous donnait carte blanche, on pourrait faire un paquet de trucs !
    Par rapport à la saison dernière, à part le terrain, il y a eu quelques évolutions mais elles ne sont pas toutes visibles du grand public, comme par exemple une nouvelle salle vidéo pour les joueurs.
    C’est certain, Il y a des améliorations à amener : salle de muscu, salle de vie… si nous avions les moyens nous du côté sportif, on saurai les dépenser.

    Par rapport à votre fonctionnement avec Chris, première année de « rodage », il va y avoir de gros changements dans votre façon de faire ou de simples ajustements ?
    Il faut savoir qu’avec Chris, à l’intersaison dernière, on n’a pas pris de vacances. Chris est venu de Narbonne pour travailler tout l’été. On a monté notre projet de jeu, notre mode de fonctionnement. On a beaucoup discuté, mis des choses en forme, aussi bien sur le jeu que sur le mode de fonctionnement. Un des piliers de notre mode de fonctionnement c’est l’échange : on discute de tout, on échange sur tout. Ça, ça ne changeras pas. On a fait évoluer notre projet de jeu, on avait déjà des idées, on les a mises en forme là.

    Le nouvel analyste vidéo, Guilhem Julia, qui arrive de Bayonne, c’est toi qui l’as fait venir ?
    C’est Nicolas Buffa analyste vidéo de l’Aviron Bayonnais et de l’équipe de France et aussi le petit fils de François Gerla (intendant au club), qui me l’a chaudement recommandé.
    On l’a rencontré, il nous a exposé son travail et on a foncé.
    La venue de Guilhem est aussi une évolution, pas quelque chose que l’on voit mais une évolution au niveau du groupe, pas uniquement pour le Staff mais aussi pour les Joueurs. En effet Guilhem va nous permettre de franchir un cap en changeant le matériel informatique et le logiciel d’analyse.

    Tu comptes équiper les joueurs de GPS prochainement ?
    C’est aussi un des nos souhaits pour les évolutions prochaines.
    Des évolutions, je peux t’en donner quarante ! Le GPS, la cryothérapie, la salle de muscu… Des idées pour faire évoluer le club, on en a cent cinquante !
    Après, il faut aussi évoluer à la vitesse du club. On n’a pas un mécène multi milliardaire derrière. On fait évoluer les choses avec les dirigeants, à notre vitesse.
    Dés fois, on aimerait que ça aille plus vite mais on sait aussi que dans d’autres clubs ça n’évoluent pas du tout !!!
    Il faut plutôt voir le verre à moitié plein qu’à moitié vide. Depuis que je suis revenu il y a déjà eu beaucoup d’évolution, l’arrivée d’un analyste vidéo, la création d’une salle de vie pour les joueurs, l’arrivée d’une podologue...
    Au niveau médical Il y a l’arrivée cette intersaison d’un orthoptiste et d’un préparateur mental, Le staff médical lui aussi évolue.

    On t’aurait dit en début de saison dernière que nous finirions en finale, quelle aurait été ta réaction ?
    Oh j’aurais signé des deux mains bien sûr ! Parce que sur la ligne de départ, on n’était pas forcement programmé pour ça. Finir premier quand t’as le premier budget et la première masse salariale, c’est normal. Finir troisième quand tu as le neuvième budget et la neuvième masse salariale, c’est exceptionnel ! Donc, content du parcours réalisé, content de l’aventure humaine. Aussi bien avec les joueurs, qu’avec le staff. C’est ce que je retiendrais.

    Monter en top 14 aurait-il été bénéfique pour le club selon toi ?
    Je ne me pose pas la question, on n’est pas monté.

    La semaine type d’un joueur, c’est quoi ?
    Avec match le vendredi soir, c’est récupération le samedi matin.
    Off le samedi après-midi et le dimanche avec des devoirs pour préparer le match suivant.
    Lundi et mardi matin, c’est du travail physique et séparé par ligne, les après-midi du collectif. Le lundi l’attaque, le mardi la défense.
    Mercredi off.
    Jeudi matin, complément physique et mise en place puis récupération pour arriver au match du vendredi.

    Comment expliques-tu cette baisse de régime de début d’année 2107 après une fin d’année 2016 où l’on marchait quasiment sur l’eau ?
    On s’est peut-être cru beau, on s’est peut-être cru arrivé, un petit peu trop vite. Plus fait les efforts qu’il fallait. Les adversaires, eux aussi, ont augmenté leur niveau face à nous.
    Ce que je retiendrais c’est la remise en question collective et qu’on a su redresser la barre, fixer un cap et arriver jusqu’en finale.
    Après, il faut savoir qu’une saison de proD2, c’est long, c’est très très long. La saison dernière, on a eu onze mois d’entrainement.
    Une saison, c’est pas linéaire. Tout le monde retient ce creux qui a été réel mais en début de saison aussi. On fait une très bonne préparation mais sur le premier bloc on coince un peu.
    l y a des cycles de formes, des cycles de performance. Ce que je retiendrais, c’est qu’on a su se sortir de cette spirale négative et arriver jusqu’en finale.

    Y a-t‘ il une défaite ou des défaites que tu as plus en travers de la gorge que les autres, bien qu’aucune ne soit acceptable ?
    Oui, déjà on déteste perdre ! Il y des défaites que l’on a en travers de la gorge mais il y a des victoires qui se jouent à pas grand-chose. À Vannes, on perd de trois points. À Narbonne, à Bourgoin, c’est des matchs que l’on peut gagner. On manque de maitrise, d’engagement à certains moments. À Albi, on gagne mais on est un peu chanceux, ils font en-avant dans l’en-but. Dax ici, la dernière ½ heure est un peu compliquée pour ne pas dire autre chose.
    Sur la saison, ça s’équilibre mais ce sont des matchs qu’il faudra apprendre à gagner pour passer un cap.

    Des regrets sur certaines compos ?
    Non ! Aucuns ! Les compos et les choix, on les assument complètement, c’est des choses qui sont pensées et réfléchies.
    Si on fait ça, c’est qu’on pense que c’est la meilleure option, la meilleure solution.
    Dés fois, les gens ne comprennent pas mais c’est normal : ils ne sont pas à l’intérieur du groupe. Des fois, il y a des choix et compos qui marchent, des fois, il y a des choix et compos qui ne marchent pas. Il y a des choix et des compos que l’on a fait qui ne se sont pas révélé payants mais on assume complètement. Si on les a fait, c’est qu’on pensais que ça allait payer.

    Au retour des congés, tu as trouvé les joueurs comment ? Super motivés, en forme, encore dans l’euphorie de la saison dernière …
    Déjà, ils avaient besoin de vacances, de se régénérer mentalement et physiquement. Je te le disais, onze mois, c’est très très long.
    On en est à la deuxième semaine de préparation. Matthias et Maxime (Puigmal, les deux préparateurs physiques) sont assez satisfaits. Les joueurs sont conscients du challenge qui nous attend.
    On sait qu’on va avoir une grosse saison. Maintenant il nous tarde de recommencer le rugby, d’attaquer le collectif avec les recrues pour entrer dans le vif du sujet.

    Au vu de la saison dernière, l’objectif principal de la saison à venir ?
    L’objectif, ce sera de faire grandir l’équipe et le club.

    Belle réponse ! Celle-là, elle était prête !
    C’est la vérité ! Si je prends le recrutement : à l’intersaison, arrivée de sept joueurs professionnels mais aussi de huit joueurs espoirs.
    Les joueurs espoirs, ce n’est pas pour jouer demain mais pour jouer après-demain.
    Notre volonté, avec Chris, est de faire évoluer le jeu de l’équipe une en la renforçant avec des profils et des joueurs ciblés mais aussi de préparer l’avenir. L’arrivée de Tailhades, Augry, Requet, D’hooje, Cadiou, Graou, Decavel, Salles, c’est une volonté commune, association et secteur professionnel de former les sapiacains de demain.
    Ce sont des joueurs que l’on va faire bosser, évoluer pour qu’ils intègrent à court ou moyen terme l’équipe première.
    Après, pour les objectifs sportifs, on ne s’avancera pas pour dire on va jouer la qualif, la montée, viser le maintien. On préfère prendre match après match.

    Au vu du peu de recrutement, peu de changement dans l’effectif, vous avez estimé que deux matchs amicaux, pas de stage de préparation, d’intégration des nouveaux, c’était suffisant ?
    Il y a plusieurs choses : le peu de recrues, c’est une volonté de notre part et du club de conserver la majeure partie de l’équipe. Il y a eu treize prolongations donc pas besoin de recruter quinze joueurs. On a vraiment recruté sur des profils choisis.
    Sur la préparation, en finissant le 21 mai et en reprenant le 18 août, une semaine de moins que la saison dernière, il a fallu condenser en choisissant de ne faire que deux matchs de préparation.
    Par rapport au stage, on n’a pas pu avoir ce qu’on voulait. On s’entraine bien à Sapiac, on est bien à Sapiac, on est chez nous, on va bien travailler chez nous.

    Tu as pu en prendre des congés toi ?
    Oui, j’ai coupé. J’ai coupé 3 semaines. Après la finale, je me suis fait opérer des cervicales. J’en ai profité pour couper. Le téléphone était toujours branché, il y a toujours deux ou trois truc à régler. Quand t’es entraineur, tu ne coupes vraiment jamais mais je n’ai pas ouvert mon ordinateur pendant 3 semaines. Pour moi, ça veut dire que j’ai vraiment coupé.

    Le match qui sera le plus fort émotionnellement pour toi cette saison : à Jean Dauger ou au Pré Fleuri ?
    Alors Jean Dauger, j’y suis déjà allé comme entraineur. Et au Pré Fleuri, je n’y ais jamais été.
    Je ne vais pas reprendre de licence, je ne pense pas que Xavier en prenne une non plus. C’est pas Xavier Péméja contre Pierre-Philippe Lafond, c’est Nevers contre Montauban. Il ne faut pas résumer ce matchs-là à un affrontement entre le père et le fils, le maitre et l’élève, je préfère te le dire parce que j’en ai déjà entendu parler.
    Émotionnellement, un match à Jean Dauger ou au Pré Fleuri a autant d’importance pour moi qu’un match à Ladoumègue, Aguilera ou Bendichou…
    Cette ProD2, elle est très dure. Chaque adversaire à des armes à faire valoir. Il y a seize équipes au départ, beaucoup ont de quoi être très pénibles. Je préfère me concentrer sur le contenu rugby que sur l’émotion.

    Tu as trouvé du changement depuis ton retour dans l’ambiance à Sapiac ?
    Ce qui est plaisant, c’est qu’avec les bons résultats, on a vu l’augmentation de la fréquentation. C’est toujours un plaisir pour les joueurs et le staff de jouer dans un stade plein.
    Si on pouvait avoir l’affluence de Mont de Marsan tous les week-ends ça serait génial.
    C’est le rêve, c’est le but de jouer dans des stades pleins. On sent le soutien de Sapiac derrière l’équipe.
    On sait aussi que Sapiac est exigeante, que quand ça ne lui va pas, elle sait le dire, elle sait se taire. J’ai bien entendu les attentes des supporters lors des intersaisons précédentes. Ils sont exigeants.
    Je te disais que j’assumais mes choix et mes compos mais il y a un truc que je ne supporterai pas, c’est que les supporters de Sapiac critiquent les joueurs. On peut être mauvais, on peut être bon, ça c’est normal.
    Mais chaque fois qu’un joueur entre sur le terrain, il rentre pour donner le meilleur de lui-même.
    Il peut performer ou contre performer, mais il ne triche pas. Dénigrer un de ses joueurs, quand on est supporter de Montauban, ça j’accepte pas. On peut leur reprocher leur niveau de performances, comme on peut nous reprocher nos choix ou nos compositions d’équipes avec Chris, ça on assumera ! Comme les joueurs assumeront leur niveau de performance.
    Insulter ou siffler un joueur de son équipe ça je ne suis pas d’accord. Quand on soutient son équipe, on est derrière elle dans la victoire comme dans la défaite. Le "on a gagné, ils ont perdu", ça j’aime pas !
    Les joueurs adorent partager avec les supporters quand ils ont gagné. Quand ils ont perdus, sachez que c’est les premiers à être triste, les premiers touchés et le soutien des supporters est toujours plaisant.

    Si tu avais une chose à changer dans ton passé, ce serait… ?
    Je ne serais pas parti après le titre de 2006 ! J’aurais continué l’aventure avec Montauban.

    La dernière fois où t’es vraiment lâché, c’était quand et comment ?
    Avec mes amis, je ne sais plus quand…
    J’aime passe de bons moments avec mes amis, ma famille, prendre le temps d’être avec eux.

    Une chose ou plusieurs choses que tu rêves de faire dans ta vie ?
    Faire le tour du monde. Visiter différents pays, c’est quelque chose que j’aimerais bien !
    Monter en haut de l’Everest. Si j’avais le temps de m’entrainer, du temps, les moyens…

    Le partenaire en club avec qui tu aurais pu jouer 60 ans avec le même plaisir ?
    Guillaume Bernad.


    Un grand merci pour avoir pu dégager quelques pas mal de dizaines de minutes...
    Interview réalisée par Franck