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    Interview Daniel Bory (Itw du 13/10/2016)

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    Daniel Bory, Président du Directoire de la SASP USM depuis 3 saisons répond à nos questions.


    Merci de ta disponibilité !


    La SASP est en 2 parties : le conseil de surveillance et le directoire. Tu es le président du directoire.
    Qui le compose ?

    Le directoire est composée de Jean-François Reygasse et moi-même.
    Quel est son rôle ? Quel est ton rôle ?
    Le directoire est l’organe de direction d’une SA. Le président du directoire est le seul et unique responsable devant la loi de tout ce qui peut se passer au sein du club. Concrètement, celui qui va en prison, c’est Daniel Bory. je suis garant de toutes les décisions qui sont prises et même si ce n’est pas moi qui les prends, je dois en assumer les conséquences.
    En ta qualité de président du Directoire, vas-tu parfois au Ramiérou suivre les espoirs ou les autres équipes de jeunes ?
    Ca m’arrive. Pas assez souvent à mon goût mais ça m’arrive.
    Sur le fonctionnement de la SASP : combien de salarié à temps plein ?
    En salarié administratif, nous avons une assistante commerciale, Pénélope Tison, une comptable, Maud Souloumiac, Julien Bard, salarié administratif, le coordinateur sportif Damien Bessou.
    Juste une précision, le président du Directoire n’est pas salarié du club.
    Est-ce assez ? Si la SASP en avait les moyens, quels postes seraient créés ?
    Il n’y en a jamais assez dirais-je. Mais au regard des moyens qui sont les nôtres et de l’équilibre qu’il nous faut respecter, on n’est pas trop mal mais il manquerait effectivement quelqu’un pour faire le lien de tout ça. Si j’en avais les moyens, ce serait un poste de directeur général que je créerais en priorité.
    Budget 2016/2017 ?
    Pour le budget de cet exercice, nous allons approcher les 7 millions d’euros consolidés avec l’asso. 1,4 millions pour l’asso, 5,6 millions pour la SASP.
    Abonnés ? Variation ?
    C’est égal. Mais toutes ces choses-là sont davantage gérées par le Président du conseil de surveillance, Thierry Eychene, moi étant plus sur le sportif. Je crois savoir que les abonnements se sont plutôt bien passés et l’on a fait mieux que la saison dernière.
    Aucun regret sur la nouvelle formule des abonnements ?
    Aucune formule ne satisfera tout le monde. Selon à qui l’on a affaire, certains vont être très satisfaits, d’autres non. Cela fait partie des choses qui seront toujours très compliquées à gérer. Aucune formule ne fera l’unanimité. Cette formule est due à certains abus qu’il y a eu sur les couples d’après ce que l’on m’en expliqué, puisque j’ai reçu un courrier d’un supporter qui réside dans l’Aveyron et qui s’alertait après cette modification.

    Je voulais faire cette interview à la fin de ce 2e bloc. Tu as souhaité la faire plus tôt. Pourquoi ? C’est par cet interview que le club souhaite éteindre un feu qui est en train de s’allumer entre dirigeants et supporters : un petit tour, quelques questions et puis s’en va ?
    D’abord, je ne vois pas de quel feu on parle. À ma connaissance, les yeux dans les yeux, je ne vois pas où l’on un problème avec les supporters. C’est quoi le feu ? Par rapport à quelle situation ? Que notre communication ne soit pas parfaite, j’en suis conscient mais de là à dire qu’il y a le feu avec nos supporters….. Chacun l’analyse à sa façon, mais je n’ai pas la sensation que l’on soit dans un cadre conflictuel avec nos supporters.
    Ce rendez-vous vient maintenant parce qu’on en a eu parlé, qu’il faut bien commencer. 1er bloc, 2e bloc….si on attend, on aurait demandé pour quoi on attend.
    D’une manière générale, quoiqu’en pensent les gens, je suis quelqu’un de très basique ! Il n’y a pas chez moi de stratégies, de complots quoiqu’en disent certains. Donc c’est maintenant parce que je considère qu’il faut le faire et plus tôt on le fait mieux on se porte !
    Ensuite, la problématique de communication n’est pas simple. Parce que cela fait toujours des mécontents. Quand, par exemple, les Ultras annoncent la venue de Jacques Engelbrecht avant le club, les gens du club me disent que ce n’est pas normal. Ils n’ont pas tort. Je sais qu’en te le disant, ça va sortir. (NDR : toutes les infos ne « sortent » qu’après accord de la source) Il n’y pas de stratégies pour récupérer une relation avec les Ultras. La relation vous l’avez avec le club avant tout.
    Donc à terme, on peut s’attendre à une communication rapide et claire de la part du club sur les sujets du moment : une mutation, un aménagement à Sapiac, des travaux qui vont démarrer,… ?
    Soyons clairs : il n’y a jamais eu volonté de cacher quoique ce soit ! Entre cacher des choses et attendre qu’elles soient officielles pour les annoncer… Il n’y a rien de pire que la rumeur ou faire des annonces qui ne se réaliseront pas. J’y suis passé et sais que c’est contre-productif. On ne peut pas empêcher les gens de dire ce qu’ils ont envie mais moi quand j’annonce quelque chose, c’est que c’est fait. La communication sera toujours transparente mais, je répète, qu’il faut aussi comprendre qu’il y a des choses dont on ne peut parler tant qu’elles ne sont réellement faites parce ce serait contre-productif, notamment les mutations.
    Pourquoi le club n’a pas communiqué les départs de joueurs emblématiques comme Tafernaberry et Urruty ? Vu que c’est le club qui n’a pas voulu les conserver et qu’ils étaient en fin de contrat, cela leur aurait permis d’avoir une sortie digne des services qu’ils ont rendu au club.
    Il faut se mettre dans un contexte : quand vous annoncez à ces garçons que vous ne les conservez pas, bien évidemment, ça ne leur fait pas plaisir. Eric Taffernaberry par exemple est toujours au club, il s’occupe des jeunes, on a d’excellentes relations et ça s’est très bien passé. Chose qui ne s’est peut-être pas su : on leur a tous remis un petit cadeau, ça s’est passé avec toute l’équipe dans la salle de vie. Qu’est-ce qu’il fallait faire ? On ne peut pas non plus faire un défilé avec des chars en ville et les joueurs dessus ! On les a reçus, ils ont eu un cadeau, on les a remerciés mais pour autant on ne les a pas conservés. Tous les ans, depuis 7 ans que je suis au club on a des joueurs qui nous quittent et c’est toujours un déchirement. Quoiqu’en pense les gens et plus ou moins selon les garçons. Généralement, c’est toujours un moment très très compliqué. Eric Tafernaberry est resté au club, Fred Urruty a rebondi à Nevers, c’est la vie des professionnels.
    Oui ou non, va-t-il y avoir, rapidement, une rubrique « infirmerie » sur le site officiel du club, rubrique réclamée depuis longtemps par nombre de supporters ?
    Pour l’infirmerie, on est sûr un domaine qui est très sensible qui s’appelle le secret médical. À part de dire Pierre est blessé, Paul ne l’est pas, c’est tout ce que l’on peut dire. Si les gens attendent que l’on communique sûr qu’est-ce qu’ils ont et quelle est la durée d’arrêt, c’est même pas la peine. Même moi je ne suis pas sensé connaitre la pathologie du joueur. Ils sont reçus par le médecin du club, ils sont mis en arrêt de travail. C’est comme si l’on demandait dans une entreprise que soient affichées les causes et durées des arrêts maladie. Le médical, a part de dire » ce joueur est blessé » je ne sais pas ce que les gens attendent. Qu’on leur fasse la liste de ce qu’il a exactement ? Non, c’est pas possible !
    Au moins la durée de l’indisponibilité. Elle est plus ou moins connue. 
    Plus ou moins, vraiment plus ou moins. Un gars qui a un pépin musculaire, on va te dire c’est 15 jours / 3 semaines. Sincèrement, qu’est-ce que ça apporte réellement au débat de savoir que Pierre ou Paul à un claquage et qu’il est arrêté 3 semaines ? Je pense que les supporters ou ceux qui vont à Sapiac en semaine, cette information, ils l’ont. Chaque fois que je vais à Sapiac, il y a des gens au bord du terrain qui savent plus de choses que moi ! Si le joueur a envie de le dire… mais moi, club, je ne peux pas communiquer.
    Est-ce que ça se fait par ailleurs ? Je n’ai même pas regardé. Je vais le regarder et si on n’a pas de soucis déontologiques, on le fera ! Je m’y engage !

    Que penses-tu de nos difficultés en mêlées ? N’y a-t-il pas eu un manque niveau recrutement qui aurait nécessité un spécialiste supplémentaire, notamment à droite ?
    L’an dernier nous avions un joueur qui s’appelle Damien Tussac. Dont tout le monde sait que c’était la clé de voute de notre paquet d’avant en mêlée fermée. Si je peux me permettre un aparté, je ne renierais pas les qualités de Damien en mêlée, mais dans le jeu, on ne peut pas dire que c’était le pilier le plus mobile qu’on ait connu. Ceci étant dit, c’est un garçon qui nous manque beaucoup. On l’a remplacé numériquement par Benoit Zanon. On peut considérer que Benoit est un très bon droitier. Je rappelle à tout le monde que derrière nous avons Arias et Phillipart qui étaient là la saison dernière. Alors oui, on aurait pu recruter un 4e droitier, ce qui serait revenu à dire que l’on ne comptait pas sur Arias et Phillipart qui l’an dernier était là. Nous avons donc remplacé Tussac par Zanon. Et je ne peux pas imaginer que du jour au lendemain notre mêlée se soit totalement délitée. Je peux l’entendre parce qu’on a reculé sur certains matchs, mais voilà : Tussac a été remplacé par Zanon. 3 droitiers, c’est globalement ce que l’on trouve dans un club.
    Un recrutement à ce poste est-il envisageable ?
    Cette saison ? Non ! Et j’engage les gens à me faire la liste des droitiers disponibles actuellement.
    Et c’est un huit qui arrive. Comment a-t-il été recruté ? N’avons-nous pas assez de monde à ce poste-là ?
    En huit, on a du monde d’accord. Quel est le 8 titulaire au club aujourd’hui ? Quel est le joueur qui porte le numéro huit à Montauban ? De vrais huits, nous n’en avons pas. Nous n’avons pas de huit de métier à Montauban. Dès la saison dernière, je dis bien dès la saison dernière, nous étions en quête d’un gros huit. Je ne présage pas des qualités de Jacques Engelbrecht mais c’est un spécialiste du poste. Et je considère que nous avons six excellents troisièmes lignes, mais pas de véritables spécialistes en numéro huit. La preuve : on a fait jouer Amédée Domenech, Pierre Barthères, Richard Haddon et Dimitri Vaotoa. Qui ont tous des qualités indéniables mais aucun n’est réellement un numéro huit. Je pense qu’aujourd’hui nous avons besoin d’un huit puissant qui soit un spécialiste de ce poste. Nous allons nous retrouver dans la configuration de la saison dernière avec sept troisièmes lignes pour trois places, ce qui n’est pas plus déconnant que trois piliers droits pour une place. Parce que si je prends un quatrième pilier pour un poste, le ratio n’est plus le même. L’avenir nous le dira …… On s’est déjà trompé.
    A-t-on des nouvelles de notre champion olympique Viriviri ? Et quel est son avenir au sein de l’USM ?
    Il n’a plus d’avenir au sein de l’USM. Il est salarié d’une entreprise et ça fait deux mois que l’entreprise attend son salarié.
    La dépêche du midi du 12/10/2016 dit clairement que Ben Venter ne pourra plus jouer au rugby. Qu’en est-il exactement ?
    Secret médical. Est-ce que Ben Venter est sur les compos d’équipes ? Donc il est blessé.
    Ne penses-tu pas que pour grandir il faudra se renforcer au niveau staff avec un manager pour ne pas végéter en pro d2 avec le risque d’une descente ?
    Pour moi, ça n’a aucun lien. Aujourd’hui en ProD2, notre mode de fonctionnement me parait tout à fait correct et adapté. Et si je regarde les résultats des clubs actuellement en ProD2, on ne peut pas dire que les clubs qui ont des managers se distinguent particulièrement des autres. Deux entraineurs qui s’entendent bien peuvent tout à fait réussir. Les plus belles années à Montauban, il n’y avait que deux entraineurs.
    Si dans une hypothèse négative, les entraineurs en place étaient écartés, pourrais-tu entraîner l’équipe pro ? En as-tu envie ?
    Je ne dirais pas ridicule par respect par rapport à la personne qui pose cette question. Je n’en ai ni la compétence ni l’appétence. Je le dis et le redis ! Si certains peuvent encore être dans la thèse d’un éventuel complot…. Faut qu’ils arrêtent, faut qu’ils arrêtent : je n’en ai pas la compétence !
    Peux-tu expliquer cette différence d’envie voire de motivation que l’on peut appeler "trou noir" d’une mi-temps sur l’autre et même sur quelques minutes (Angoulême par exemple) ?
    Non, je ne l’explique pas. Je la combat comme je peux. Je dirais simplement que j’espère que les garçons ont pris conscience et confiance lors de notre dernier match (NDR : victoire 51/7 contre Bourgoin). Ça a été le maitre mot de toute la préparation de ce match. Qu’ils ont pris conscience de toutes leurs qualités et confiance dans notre jeu. Ce qui nous fera éviter ce type de prestation, c’est ça. Pour moi aujourd’hui, et je l’ai dit à certains qui sont venus me voir, on n’est pas assez fiers. C’est-à-dire qu’il faut par moment être un peu orgueilleux, il faut respecter tout le monde mais ne craindre personne. Avec l’équipe que l’on a, il faut arrêter de s’excuser d’être là et regarder vers le haut. On a rien volé, on y est parce que l’on a gagné, ça a été compliqué et aujourd’hui je reste vraiment convaincu que ça reste lié à une problématique de mental, de confiance.
    Es-tu d’accord avec l’affirmation suivante : « Le groupe au sens large, certains joueurs n’ont pas encore totalement digéré le départ de Xavier Péméja. »
    Non, Non. Si tel avait été le cas, et je fais bien la part des choses par rapport à Xavier, vu comme ça s’est passé la saison dernière au moment où ça a été annoncé, aujourd’hui nous serions en fédérale et sauf erreur de ma part, quand ça s’est fait, on a battu Bayonne et d’autres à une époque où l’on n’était pas sauvé. Si les joueurs avaient étés traumatisés, à ce moment-là, ce qui aurait pu être le cas, ils auraient lâchés et on ne sera pas en train de parler tous les deux face à face. Donc sur le début de saison, non, je le réfute totalement. Bien que je ne sois pas dans la tête des garçons.
    Dans une interview du 27 juillet 2016, tu nous dis que l’objectif était de rester invaincu à Sapiac. Réitères-tu cette affirmation aujourd’hui sachant que la sérénité à Sapiac est loin d’être acquise ? Ne penses-tu pas qu’il s’agissait (en juillet) plus de la méthode Coué que d’un objectif sportif tenable ?
    Je persiste et je signe ! La méthode Coué, c’est pour se rassurer. J’en reviens à ce que je te disais : J’assume complètement que l’on soit plus sûr de nous tout en respectant nos adversaires. Si je fais un parallèle avec un club dont on parle beaucoup, Aurillac, qui a bâti sa réputation sur une invincibilité à domicile : je le dis haut et fort, je ne vois pas ce que l’on a de moins qu’Aurillac. Et je ne vois pas pourquoi, avec le public que l’on a, avec l’image que l’on a, on ne voterait pas d’être invaincu à Sapiac. On peut l’appeler la méthode Coué, la méthode ce que tu veux, oui je persiste et signe !
    Que devient cet objectif, que devient le discours, s’il y a une défaite dès le prochain match à Sapiac contre Béziers ?
    C’est qu’on n’aura pas atteint notre objectif. Je ne vais pas démissionner non plus, désolé. Il faut savoir que cet objectif a été approuvé par les joueurs. Je préfère que les objectifs soient fixés par les acteurs de cette scène plutôt que par les producteurs. On a demandé aux joueurs quelles étaient leurs ambitions. On a échangés et sommes tombés d’accord pour dire : invaincu à Sapiac, ça a du sens, ça à de la gueule. Et je le dis par rapport aux supporters : la première des choses, c’est de rester invaincus vis-à-vis de vous, c’est une question de fierté. Si on perd, ça ne remet pas tout en cause…

    Dans cette même interviewde fin juillet, tu disais : « Pour l’espace Vip, il faudra attendre. L’écran géant sera disponible pour le premier match contre Biarritz. » Pourquoi l’écran ne donne-t-il pas les images du match en cours ?
    On a un souci technique. Tout a été câblé en accord avec le cahier de charges d’Eurosport. Il s’avère que le câble étant relativement long, on a un problème de signal sur lequel on travaille. Pour le prochain match, on va mettre un boitier qui va nous permettre de décupler ce signal pour que l’on puisse le retransmettre.
    Il faut savoir qu’avec Eurosport, il n’y a de ralenti que sur le match de 20h30.
    L’espace VIP ?
    Nous avons l’accord de principe des collectivités locales et territoriales mais ce qui était au départ un accord franc et massif, l’est un peu moins aujourd’hui. Nous avons besoin de ces gens-là pour ce projet et c’est donc lié à leur bon vouloir. C’est en bonne voie… Si Daniel Bory finançait le VIP, je te dirais : il va sortir, là ! Nous ne sommes pas des présidents richissimes et sommes malheureusement pieds et poings liés au bon vouloir des pouvoirs publics. Tout est en place, tout est prêt et je croise les doigts pour que ça aille le plus vite possible parce que c’est un projet qui me tient particulièrement à cœur, mais je ne peux le financer, j’en suis désolé.
    Y a-t-il d’autres projets ? La piste, la réfection de la tribune honneur, des loges, la pelouse…
    Oui, tout ce que tu viens de dire fait partie des projets. Ce qu’il faut que les gens comprennent bien, c’est que l’on a un stade qui est obsolète. Tout le monde nous envie Sapiac mais ce n’est pas le stade que l’on nous envie, c’est ce qui y règne, l’ambiance qu’il y a. Quand on est objectif et que l’on visite ce stade, c’est un stade qui, malgré le fait qu’on ait joué la Hcup, … qu’est-ce qu’il nous reste ? Dans quoi on a investi ? Je suis désolé mais l’héritage qu’on a eu, à part deux bouts de tribune qui ont coulé le club, on a rien, rien ! Il faut refaire la pelouse, arranger la piste, on n’a pas de loges, on a obtenu de la mairie un demi-synthétique pour pouvoir s’entrainer l’hiver et je les en remercie. On n’a rien, voilà ! Et encore une fois, comme on n’est toujours pas des présidents richissimes, c’est compliqué. C’est compliqué.


    Que va apporter la venue du nouveau sponsor Bipfrance ?
    Très clairement de la notoriété. Et ça va recouper des questions telles que « que fait-on pour développer ce club ». Voilà ce que l’on fait : on essaye de trouver de partenaires et là aussi je recoupe la question qui est : comment je vois le club dans 5 ans ? Je vais être très clair, si nous n’avons pas de bonnes nouvelles de partenaires nationaux qui nous rejoignent, vu l’implication qu’avaient certains partenaires locaux à une époque et qu’il n’y a plus aujourd’hui, je vois notre avenir très compliqué. Bipfrance doit nous amener et doit participer à notre notoriété et il n’y a que comme ça que l’on arriver à récupérer éventuellement un partenaire majeur.
    Avec le modèle économique et avec vos connaissances actuelles, Thierry Eychenne et toi, vous pensez pouvoir atteindre un budget à terme de combien maximum ?
    Je pense qu’en l’état actuel nous sommes certainement au maximum de ce que nous pouvons décemment envisager. Au regard de l’engagement des uns et des autres, on ne pourra pas demander beaucoup à nos partenaires. Cela me parait compliqué.
    Quelles actions mènent le club pour attirer un gros sponsor national ou un généreux mécène ?
    On essaie à travers Bpi d’avoir des contacts. Thierry Eychene a été à Paris, il a rencontré Louis Gallois, on essaie de faire du lobbying sauf que nous sommes, comme il n’a échappé à personne, dans une période compliquée, que la ProD2 n’est pas non plus une exposition de premier choix. Des partenaires nationaux, aujourd’hui, on n’a pas le début d’une piste. Si quelqu’un a une piste ou une idée, je suis preneur.
    L’entrée à plus ou moins court terme d’un investisseur national dans le capital du club pour le développer avec vous est-elle possible ?
    Elle est possible et je vais être très direct. Si le fait que Daniel Bory ne soit plus là pour mettre à quelqu’un de rentre, c’est acté le jour même. Si quelqu’un se présente avec moyens et qu’il veuille prendre la direction du club, ce qui me paraitrait évident, il n’y a aucun problème, je me retire immédiatement ! Immédiatement !
    Jusqu’où êtes-vous prêt à aller pour le développement de l’USM ?
    Jusqu’à mon départ si l’on considère que je suis un frein à ça. J’ai zéro état d’âme !
    À quand la boutique Eldera en ligne sur le site officiel ? Son retard n’engendre-t-il pas une perte sèche ?
    Certainement, mais là aussi, il y a des choses qui nous échappent. On passe des accords avec des gens et après, nous sommes tributaires de délais, de leur bon vouloir. C’est comme tout, on aimerait que ça aille plus vite, que ça marche mieux. Encore une fois, ce n’est pas nous qui avons vraiment les clés.


    L’USM n’aurait voté lors de l’élection du Président de la LNR. Vrai ou faux ?
    Vrai. Je ne m’y suis pas présenté. Parce que huit jours avant, on avait une réunion préparatoire, à laquelle j’ai participé. Réunion dans laquelle le Président Goze et le candidat Boudjellal ont présentés leur projet. À l’issue de cette présentation, ils se sont retirés pour nous laisser débattre et essayer d’adopter une position commune. Petit rappel pour les gens qui n’ont pas bien suivi : Boudjellal se présentait à la Présidence de la LNR mais pour pouvoir être élu à la LNR, il faut faire partie de son comité directeur, chose qui n’est pas le cas de Boudjellal. Donc un tour de table a été fait pour savoir si déjà on adoubait Boudjellal au comité directeur de la LNR. I l y avait donc six candidats pour 5 places. Rapidement, j’ai pu mesurer qu’il y avait un large consensus contre Boudjellal. J’ai pris la parole et dit que je comprenais mal comment on pouvait balayer d’un revers de la main quelqu’un comme Boudjellal. Avec qui je ne partage pas toutes les idées mais à qui je reconnais une belle réussite ave Toulon. Et deuxièmement, même si l’on considérait qu’il n’était pas très positif, je préférais avoir un opposant avec moi que derrière moi. Le faire entrer au comité directeur était une façon pour eux de mieux le gérer et gérer sa communication. Chose à laquelle on m’a répondu : circulez, il n’y a rien à voir. À partir de là, j’ai compris que Boudjellal ne serait pas élu au comité directeur. Donc plutôt que remonter huit jour après et participer à ce que j’appelle une pantomime de vote, sachant de toute manière, il ne passerait pas le premier tour, j’ai préféré rester à mes affaires plutôt que de dépenser de l’argent du club, entre autre, pour aller à une élection qui n’est pas une élection.
    Ton avis sur la méthode d’élection à la présidence de la Ligue ?
    Je viens de le résumer. On ne peut parler d’élection puisque on laisse un candidat présenter quelque chose e en sachant que de toute manière, il ne pourra pas se présenter. C’est ridicule, c’est ridicule.
    Ton avis sur Goze président ?
    (soupir) Il a fait indéniablement pour le rugby avec les droits télés. Je ne veux rien enlever à Paul Goze mais il a pu négocier quand il y avait deux intervenants majeurs sur ce milieu-là. C’était Canal+ et Being. Il a très bien joué le jeu à ce moment-là. On verra lors de la prochaine renégociation des droits télés, qu’on il n’y aura plus qu’un seul intervenant s’il sera toujours en capacité de négocier aussi bien. Et je le souhaite pour nous parce qu’une baisse des droits télé serait catastrophique pour le rugby en général et pour la ProD2 en particulier.
    Ton avis sur les matchs en semaine ?
    C’est une catastrophe ! C’est une catastrophe. A l’époque, nous sommes les seuls à avoir voté contre, avec Tarbes de mémoire, Perpignan s’étant abstenu. Il faut être très clair, tout ça s’est pour faire plaisir aux gens. La décision a été prise par la télé avec Paul Goze. Quoiqu’on ait pu voter, c’était fait ! Ce qui régit aujourd’hui le rugby en France, c’est les droits télés et le top 14. Le top 14 et la télé ont dit : la ProD2 vous jouerez le vendredi soir ! On peut le commenter et on est les premiers à le faire parce que je rappelle qu’on a perdu 300 000€ sur notre budget la saison dernière pour toucher 115 ou 120 000€ de droits télés. Je suis le premier à le rappeler en réunion et systématiquement on m’explique que oui…. non ….enfin ….les audiences sont excellentes. Tout va très bien !
    Pour la 2e fois depuis leur création, les Ultras ne feront pas le déplacement en semaine à Oyonnax. La 1re annulation était due aux conditions météos. Réaction(s) ?
    C’est exactement la continuité de ce que l’on vient de dire et nous payons un peu de notre exception. Nous faisons partie d’un des derniers clubs qui déplace un peu de monde. Il faut être lucide, il y a très peu de clubs qui déplacent vraiment du monde. Quand j’en parle, la majorité des présidents de club tournent la tête parce qu’ils ne sont pas concernés. C’est une bataille que malheureusement que nous perdrons et j’en suis pour vous sincèrement désolé parce je sais que c’est quelque chose qui compte, pour nous, pour nos joueurs. Après, Oyonnax, c’est peut-être l’exception parce que c’est loin. On ne peut pas demander l’impossible aux gens. Même les joueurs comprennent très bien que c’est compliqué.


    ON m’a dit que tu étais un lecteur assidu de notre forum. Qu’en penses-tu ?
    Non, non c’est faux. Je l’ai lu à l’époque, lorsqu’il y a eu la séparation avec Xavier et je dirais que j’ai été blessé par des propos. Contrairement à ce que peuvent penser certains, je suis pour l’échange et le dialogue. Même s’il a été écrit que je n’étais pas très courageux. Je pense qu’ils ne me connaissent pas très très bien. Ils auraient écrits que je n’étais pas très doué, j’aurais pu comprendre. Pas très courageux, ça me gêne un peu plus.
    Donc le problème du forum pour moi, il est très simple : si ce n’est que discuter avec des gens qui se cachent derrière des pseudos… on n’a pas la même définition du courage. Si les gens veulent me parler, il n’y a aucun problème, je reçois tout le monde, on prend son téléphone, on m’appelle, on vient me voir ! Voilà !
    Donc le forum, je n’y vais plus parce que, encore une fois, il y a trop de gens qui déversent leur haine, parce que, par moment, ça en vient là, et sous des pseudos. Je peux comprendre que l’on ne soit pas d’accord. Je m’en suis expliqué avec une supportrice qui a les cheveux souvent verts… qui est sur le forum et qui a dit « comment ça un troisième ligne, je ne comprends pas ! ». Ça, je peux comprendre qu’elle ne comprenne pas. Et on peut s’expliquer comme je fais avec toi. Mais se cacher derrière un pseudo et déblatérer des saloperies parce qu’on n’a pas le courage de venir s’expliquer sur des choses dont en plus on n’a pas connaissance de la moitié de ce qu’il s’est passé … Le pire, mais je ne devrais pas le dire, c’est que ça me touche ! Alors que je devrais m’en foutre !
    Un forum sur le site officiel, c’est pour quand ?
    Alors là, je n’interdit pas ça ! Ce n’est pas moi qui gère le site, je ne suis pas un homme des nouvelles technologies ! Ce n’est pas que ça ne m’intéresse pas. Julien Bard s’occupe de ça avec Pénélope. Ma plus-value, s’il y en a une n’est pas dans le forum du site. Qu’il y en ait un ne me gêne pas. Mais alors que l’on puisse savoir clairement qui écrit ! Que ce ne soit pas Tartempion ou Pétard82, mais Daniel Bory, Franck Méric, Max Lafargue… Si on a des choses à se dire que l’on ne puisse se dire de vive voix, on se les dit sur le forum. Mais on met son nom ! Je ne sais pas si on a le droit de faire ça. Tu fais bien d’en parler, c’est une bonne idée. Mais il n’y aura de forum que si l’on est sûr de l’identité de la personne.
    Que penses-tu des Ultras-Sapiac ?
    Déjà je ne serais pas en capacité de faire ce qu’ils font. Et j’ai un gros respect, même si on n’est pas d’accord, pour cette passion. Je trouve que c’est admirable. J’ai joué, j’ai eu cette chance, j’ai fait plusieurs clubs… quand je vous vois suivre, faire des centaines de kilomètres, il y a beaucoup de respect. Comme tout groupe, ça peut être excessif par moment mais comme moi, personnellement je suis un garçon un peu excessif, ça ne me gêne pas. Je ne vais pas vous jeter la pierre. Maintenant, j’ai des fonctions qui font que je suis tenu à un certain devoir de réserve. Vous ne le savez peut-être pas mais il m’est arrivé de défendre les ULTRAS, en conseil d’administration, lorsqu’on l’on était en fédérale et que l’on parlait des supporters et que certains « rouspétaient » contre vous parce que vous aviez peint le haut de la tribune honneur. Ce que je retiens, c’est l’animation que vous mettez au stade, ces stades pleins qu’on a vu, c’est cette ambiance. C’est ce que les joueurs retiennent. C’est ça qu’il faut. Continuez !


    Quelle vision as-tu du rugby à Montauban, à un horizon de 5 ans ? Quelles ambitions ? Quelles évolutions sur la structure ?... Peut-on à Montauban rêver encore du TOP 14 ?
    Non. Non et je vais peut-être surprendre du mon mais j’ai une vision un plutôt pessimiste. Plutôt pessimiste dans le sens où tout le monde aime le rugby à Montauban, surtout quand il marche mais tout le monde perd de vue que pour qu’il fonctionnne, il faut alimenter la machine. On ne l’alimente pas qu’avec des bons sentiments. Je ne suis pas sûr, je le dis, qu’il y ait une vrai volonté, de manière générale, d’instaurer durablement un club avec des ambitions. C’est un sentiment un peu bizarre. Oui, on sent que le club génère du positif, que tout le monde aime parler de rugby, aime s’y retrouver, aime y être. Mais pour y être confronté, quand on rencontre les gens après, dans un cadre differend, et qu’on leur demande de mettre la main au portefeuille, l’engouement est moindre. Avec les collectivités, autant on a un appui important de la mairie, autant on ne peut pas dire qu’il y a une volonté commune comme on peut le voir dans d’autres départements où il y a un club, une ville, un département qui poussent derrière. Nous, c’est compliqué, très compliqué.
    Donc, l’avenir à 5 ans, il est fragile.
    Quand on te parle de l’esprit de Sapiac qui n’est plus là, l’esprit famille, de copains, qu’est-ce que cela t’inspire ?
    Alors, j’aimerais que tous ces gens qui se réfugient derrière les valeurs, qui sont détenteurs des valeurs m’expliquent. J’avoue que j’ai un peu de mal. Qui est-ce qui décide d’une valeur ? Qui est-ce qui décide de l’importance d’une valeur par rapport à une autre ! Quelles sont les valeurs de Sapiac ? Tes valeurs à toi ne sont peut-être pas les mêmes que les miennes. J’ai joué à Sapiac, comme d’autres et je vais te parler de mes valeurs. Esprit famille : qu’est-ce que ça veut dire ? Aujourd’hui, on est dans un monde professionnel. On fait venir des joueurs de tout horizon, de toutes nations et oui je crois, qu’à Montauban, on a réussi, encore, à garder cet état d’esprit. Si les gens qui parlent de ça essaient de nous faire toucher du doigt que l’on se sépare de joueurs issus de la formation montalbanaise, je leur demanderais : que préférez-vous ? Vous voulez une équipe issue de joueurs de Montauban ? Mais il n’y a pour moi aucun problème ! Mais il faudra que ces mêmes personnes acceptent que l’on joue en fédérale 2, si tout va bien et point barre ! Aujourd’hui, ce qui nous guide c’est d’avoir la meilleure équipe possible pour aller le plus haut possible ! Aujourd’hui, on a des garçons issus de la formation qu’on a conservé, qu’on a fait jouer, d’autres nous ont quittés. Chaque fois que l’on prend ce type de décision, ce n’est pas avec plaisir. Mais si l’on me demande de garder des gens parce qu’ils sont de Montauban, mais il n’y a pas de problème, je le fais ! Mais ce sera au détriment d’autres joueurs qui ne viendront pas.
    Quant aux valeurs, encore une fois, qui est le garant de ces valeurs et c’est quoi les valeurs de Sapiac ? Un jour je l’ai demandé à quelqu’un qui me prenait à parti : Quelles sont les valeurs de Sapiac ? La famille n’est pas une valeur de Sapiac, c’est une valeur générale. Sapiac, pour moi, c’est l’ambiance, le public. Si l’on se réfère à ce qu’il s’est passé, parce qu’on n’a pas gardé Untel, parce que Xavier est parti, ça veut dire qu’il ne faut à Sapiac que des gens de Montauban ? J’ai joué huit à Montauban, j’y suis depuis 1982, je ne suis pas un enfant de Sapiac mais je me sens aussi fondé que d’autres de parler de Sapiac. Aujourd’hui, je suis très heureux d’être à Montauban. Je crois que le danger de ces discussions-là est de sortir de l’objectivité et tomber dans le sentimentalisme. Encore une fois, il faut aller au bout. Vous ne voulez que des montalbanais ? Pas de problème ! Mais alors après, je ne veux rien entendre ! On va me dire que je me suis trompé sur certains que j’ai fait venir. Oui, on s’est tous trompés. Certains qui sont partis se sont trompés aussi en partant.

    Comment vois-tu ton propre avenir dans le club dans 5 ans ?
    Je serais très surpris d’être là dans cinq ans. C’est plus qu’épuisant. C’est à la fois une certaine fierté, un honneur mais justement par rapport à toutes les problématiques que nous avons, d’organisations, de moyens, de priorisations de certains postes par rapport à d’autres… je ne me plains pas parce que l’on va me dire que si je ne suis pas content, je n’ai qu’à partir. Il y a à la fois un sentiment de fierté d’avoir participé à cette aventure depuis maintenant sept ans. Ce que l’on a vécu l’an dernier m’a secoué. Si je sens que nous n’avons pas les moyens de donner du plaisir, du bonheur, je passerais la main. Je suis quelqu’un qui a besoin de challenge. Je ne suis pas là pour passer à Eurosport. Ça me fait plaisir mais ce n’est pas ça qui me fait avancer.


    La question, très personnelle, de la part d’une supportrice assidue. Portes- tu des boxers de l’USM ?
    Oui, j’en porte mais pas de l’USM.


    Une ou des questions que je ne t’ai pas posées ?
    Non. Que les gens sachent simplement que je suis disponible pour répondre à leurs questions.


    Interview réalisée par Franck