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    Thierry Sousbanc (ITW du 26/09/2016)

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    Ancien secrétaire général pendant de longues années (de 2005 à 2015 ),Thierry Sousbanc est le nouveau président de l’association USM depuis le 20 juin 2016. Il fait le point avec nous sur son actualité.


    Merci de ta disponibilité !


     

    Passer de l’ombre à la lumière aussi brusquement, ce n’est pas trop dur ?
    Si ça l’est. Parce que je n’étais pas forcément destiné à cette mission. De par mes fonctions de secrétaire général puis de vice-président, j’ai toujours travaillé en équipe avec les présidents, mais, c’est un peu plus compliqué de se retrouver en première ligne. Après, dire que je suis dans la lumière, c’est pas forcément le cas. C’est l’équipe dirigeante, pas seulement le président, qui fait tourner la boutique.

    Tu connaissais donc les dossier en cours ?
    Je les connaissais déjà sauf pour certains sur lesquels il faut plus d’implication. Secrétaire général, tu travailles à l’organisation générale mais tu ne maîtrises pas forcément tous les détails. Les dossiers financiers et sportifs demandent beaucoup plus d’implication et de travail. L’important est surtout d’avoir autour de soi des gens compétents et travailleurs et de travailler en équipe.

    Quels sont les rapports qu’à l’association USM avec la SASP ?
    Ce sont de très bons rapports. On est toujours dans cette notion de club. Un club unique avec 2 entités qui ont des objectifs quelque part différents, mais un but commun. La SASP, c’est la partie visible de l’iceberg, c’est le monde du rugby professionnel, avec des moyens professionnels, un objectif : exister et briller dans une compétition très dure. Pour l’association, notre objectif, c’est la formation, c’est amener le plus grand nombre de jeunes au plus haut niveau de compétition. Notre but commun c’est de porter haut nos couleurs. On travaille bien ensemble, c’est une relation de confiance mais vigilante parce notre histoire récente et l’actualité de certains clubs nous montrent qu’il faut être attentifs à ce qu’il se passe, dans un secteur comme dans l’autre, parce que les choses vont très vite. Pour le reste, les relations sont définies dans une convention réglementaire.

    Donc les décisions sur par exemple le recrutement, tu n’y prend pas part ?
    Absolument pas !
    C’est sur les choix stratégiques et politiques du club que l’on discute mais je n’interviens pas dans le recrutement et heureusement pour le club !!! Ce n’est pas la vocation de l’association de piloter le recrutement de l’équipe une.

    Ton boulot est donc la gestion de Sapiac au quotidien ?
    C’est la gestion du Ramiérou ! Parce que 95 % du travail de l’association est sur le Ramiérou. Sur Sapiac, nous sommes partie prenante parce que nous participons à l’organisation des matchs. .

    Donc un match à Sapiac sans l’association ne peut pas avoir lieu ?
    Un match à Sapiac sans l’association pourrait avoir lieu mais pas dans le fonctionnement que nous avons actuellement. C’est la SASP qui a la responsabilité d’organiser le match à Sapiac, mais depuis toujours l’association prend une part importante dans le dispositif. Nous sommes un club et nous le montrons.

    Le stade n’appartient ni à l’association, ni à la SASP mais à la Commune. C’est pas un peu compliqué à gérer ?
    Le stade appartient à la Commune en effet. Il a été cédé par l’association en 1969 pour le franc symbolique. Il y a dans l’acte notarié de cession certaines clauses qui sont importantes, notamment, la publicité et les buvettes sont gérées par l’association et nos équipes sont prioritaires sur le stade de Sapiac, notre vœu est que nos jeunes puissent jouer au moins une fois dans l’année sur cette pelouse. La chose est un peu compliquée en ce moment.

    De nombreux bruits, rumeurs, de nombreuses questions circulent dans la ville et sur le net. Peux-tu nous en dire plus..

    - sur la réfection de la piste ? Il semblerait que ton prédécesseur ait un projet…
    Max avait effectivement initié, avec le Bureau, des réflexions sur la possibilité d’aménager la piste. Cela avait été fait avec la participation d’étudiants de l’université. C’étaient des projets, des propositions plutôt qu’autre chose. La piste et le stade sont de la gestion de la Commune donc c’est facile d’avoir des idées mais ce n’est pas nous qui finançons et les contraintes budgétaires de la Commune font que ce n’est pas forcément leur priorité à l’heure actuelle. Après, d’autres réflexions peuvent être menées parce que cette piste, on peut soit la remettre en état, soit la cacher, soit l’améliorer. C’est dans le cadre de l’amélioration globale du stade de Sapiac que la Commune fera son choix.
    Il y a, en ce moment, d’autres choses à faire parce que dans le cadre du label stade (1), il y a des travaux plus prioritaires que la piste même si elle renvoie une image un peu délabrée du stade.

    - sur la salle de musculation du Ramiérou. Sur les dons faits et dont personne, notamment les donateurs, ne sait où ils sont ?
    On ne peut pas dire que personne ne sait où ils sont ! On ne peut pas dire que les donateurs ne savent pas où ils sont !. Cela a déjà été dit et ça n’a pas changé : cet argent là est sur un compte bloqué. Les 50 000 € sont à la banque, sur un compte de l’association parce que c’est de l’argent pour l’association !
    Effectivement, cet argent qui a été appelé et pour lequel les gens ont généreusement donné, servira obligatoirement à l’achat de matériel pour la salle de musculation du Ramiérou et à rien d’autre ! On a peut-être mis la charrue avant les boeufs parce que pour mettre le matériel, il fallait avoir les locaux. La Commune, qui s’était engagée à faire la salle de musculation, a rencontré aussi des impondérables financiers, à savoir la baisse des aides de l’État. Son budget n’est pas extensible. De ce fait, ce projet a pris du retard et ce délai est mis à profit pour mener une réflexion sur un aménagement beaucoup plus global dont la salle de muscu sera le premier élément. Mme Barèges s’est engagée à faire avancer le projet en conseil d’administration. Elle a ses contraintes budgétaires et l’on s’y plie.
    L’argent est bien au chaud, personne n’y touchera et dire le contraire, c’est mentir. Si je peux comprendre l’interrogation légitime des donateurs, je m’interroge sur la finalité de certains propos, que j’entends ici où là. L’argent est bien au chaud et nous nous tenons à la disposition de qui en veut la preuve.

    Qu’entends-tu par projet global ?
    Parce que pour les licenciés à l’association (747 en 2016), 95 % de leur activité se passe au Ramiérou. Le Ramiérou est actuellement un instrument qui ne correspond pas tout à fait aux besoins d’une formation de haut niveau telle que nous la concevons et telle qu’elle est nécessaire à Montauban. Par exemple, l’absence de salle de muscu est très prégnante lorsque nous essayons de recruter des jeunes et que l’on est en compétition avec Toulouse, Colomiers, Agen, Castres, Albi.
    Ne pas pouvoir leur mettre à disposition, en cadets et crabos, une salle de musculation est très préjudiciable, parce que la musculation, maintenant, c’est obligatoire à ce niveau-là. Ce manque de moyens explique, en partie, des résultats qui ne sont pas à la hauteur du travail fourni par nos éducateurs.
    Au-delà de la salle de muscu, nous avons besoin de salle de vie, de salle vidéo, de salle pour faire de la formation. Projet global parce que l’on veut un centre de formation performant pour se mettre au niveau des autres clubs et cela demande un investissement. C’est cette réflexion que l’on est en train de mener.
    A terme, la volonté est de faire du Ramiérou un pôle de formation à la hauteur des ambitions du club.

     - sur le nouveau chapiteau ? Que devient l’espace AD ?
    Alors..., c’est encore un problème de financement mais qui semble avancer. C’est du ressort de la SASP et je n’ai donc pas toutes les infos. Le permis de construire a été déposé. Le financement a l’air d’être en passe de se résoudre. L’objectif devrait être atteint assez rapidement.
    Le devenir de l’espace AD est aussi une réflexion qui est menée avec la SASP, le sujet est en cours de discussion, mais les décisions ne sont pas encore arrêtées.

    Cette subvention municipale exceptionnelle de 80 000€. Pourquoi et pourquoi faire ?
    L’association, comme je l’ai dit, est financée par le mécénat, par une partie des licences, par les subventions des collectivités et les buvettes. Les recettes ne sont pas extensibles et, cette année, on a eu le contre-coup de la baisse de la fréquentation de Sapiac qui a eu un impact non négligeable sur les recettes buvettes.
    Pour ce qui est des charges, nous avons accueilli, cette année, le rugby féminin qui avait déjà son propre fonctionnement. L’intégration de ce groupement a généré, pour nous, des dépenses qui n’avaient pas été budgétées à hauteur de l’investissement. En effet, victime de son succès notamment dû au très beau match France-Galles, ainsi qu’aux bons résultats de l’équipe de France féminine, il y a eu un afflux de licences que l’on n’avait pas anticipé. Nous avons donc sollicité auprès de la Commune, une subvention afin de couvrir cette augmentation de charges aggravée par le baisse des recettes. Nous tenons remercier la municipalité pour son aide précieuse. La réussite de l’intégration du rugby féminin, et surtout son développement, sera je l’espère notre réponse.

    Ton avis sur les matchs en semaine ?
    C’EST UN SCANDALE ! C’est un choix purement économique qui est fait par les diffuseurs de Canal + afin de favoriser le top 14 et leurs revenus sur le samedi et le dimanche. C’est fait en dépit du bon sens pour les clubs de Pro D2. Nous étions contre. Montauban faisait partie des deux seuls clubs qui avaient voté contre et je pense que, si on refaisait voter les clubs maintenant, certains changeraient leur vote. Mais maintenant que le coup est tiré....

    Un premier bilan après un an de cette nouvelle formule ? (buvettes, ...)
    Les résultats sont pires que le pire scénario prévu. Dans les - 28% sur la buvette. Vous l’avez ressenti dans les tribunes. C’est une aberration ! Le vendredi soir, toutes les équipes de rugby s’entraînent et donc on a perdu des supporters. Tous les clubs s’entraînent le vendredi soir et le public qui manque est un public qui connaît le rugby, qui pratique le rugby.

    Lis-tu le forum des Ultras ? Si oui, quel avis en as-tu ?
    (rires) Je vais de temps en temps sur le forum des Ultras. Ce n’est pas forcément là que je vais chercher mon inspiration. Je pense qu’il est bien parce qu’il y a certaines réflexions qui sont constructives. On sent que ce sont des passionnés. Par contre, quand ce sont des règlements de comptes, qu’on voit circuler des fausses informations dont le fondement m’échappe un peu parce que je me demande parfois si ce n’est pas une volonté de nuire. Cette dimension-là n’est pas intéressante. Ceci dit, tout le monde a le droit d’avoir son avis, tout le monde a le droit de l’exprimer mais il ne faut pas que ça touche à une des valeurs essentielles du rugby, qui est même la valeur essentielle que l’on essaie d’inculquer aux gosses, c’est le respect. Le respect de l’autre et le respect des règles. On a le droit de dire des choses, mais dans le respect. Si on prend l’histoire de tous les matchs, les gens sont pour un jour, contre l’autre, on a gagné c’est chouette, on a perdu c’est terrible, untel est bon un jour, mauvais le lendemain...Il faut respecter les hommes et les valeurs.

    Sur une échelle de 1 à 10, la cote d’amour que tu as pour les Ultras depuis que tu les fréquentes est de :
    Il faut savoir que je suis un spectateur privilégié des Ultras parce que, si je me souviens bien, les Ultras sont nés rue Paulette Ferlin avec Pascal Leygue, Sébastien Quesada et d’autres... et j’habite rue Paulette Ferlin. Donc je les ai vu naître et j’entendais leurs klaxons quand ils partaient. Je ne peux pas dire que je déteste les Ultras parce si je les détestais, il y a longtemps que j’aurais déménagé ! Les Ultras sont une nécessité par rapport à l’environnement du club, comme tout supporter. C’est une entité dynamique, c’est une entité qui tire vers le haut. Vous le savez, il y a un respect des règles à avoir. mais un supporter est un supporter : je sais tout entendre dans la mesure où cela ne met pas les gens en danger, dans la mesure où ça ne met pas le club en danger financièrement et règlementairement. Il faut de la passion.

    Ce premier bloc, qu’en penses-tu ?
    On s’est déplacé trois fois, reçu deux fois, on a quasiment le même nombre de points que la saison dernière. Mais la saison dernière, on avait déjà perdu à la maison, chose qui ne nous est pas arrivée cette année, donc il ne faut pas dramatiser le classement. Il faut le relativiser. Il y a quelques résultats surprenants. Ce sera certainement plus serré que l’an dernier. Mais nous avons confiance. Allez Sapiac...

    (1) Lien vers le label stade  télécharger la brochure complète  

    Interview réalisée par Franck